Fruits et légumes frais : une production sous haute protection

Publié le 07/06/16

Photo : © Philippe DUFOUR/Interfel

Protéger les fruits et les légumes frais des nuisibles sans nuire à leur qualité : voici l’enjeu, majeur, auquel sont confrontés les producteurs. Leurs solutions ? La production intégrée et diverses autres techniques de protection.

La production intégrée

Principaux perturbateurs de la production de fruits et légumes frais : les conditions climatiques, certes, mais également les nuisibles, insectes et autres ravageurs.

Pour lutter contre leurs effets délétères sur les récoltes, diverses stratégies sont mises en place telle que la production intégrée. C’est un système visant à réduire l’utilisation de pesticides qui, comme l’explique Alexandra Lacoste, Directrice de l’Association des Organisations de Producteurs de cerises, « repose sur l’observation des vergers par les producteurs et les techniciens ».

Ainsi, Jacques Rouchaussé, en professionnel du maraîchage, a développé la protection intégrée en introduisant dans ses serres, « des insectes consommateurs de nuisibles pour réduire l’impact phytosanitaire ». Concrètement, un écosystème est entièrement recréé avec des insectes nuisibles et des insectes auxiliaires, prédateurs de nuisibles, avec comptages réguliers à la clé pour prévoir les lâchages de ces prédateurs. « Ce n’est qu’en cas d’attaques trop massives de nuisibles que nous avons recours aux produits phytosanitaires. Nous utilisons ces produits de façon mesurée, très contrôlée, pour respecter la vie des insectes auxiliaires ».

Une méthode de travail efficace et raisonnée qui répond parfaitement aux enjeux actuels de développement durable.

Les autres techniques de protection

D’autres alternatives sont mises en place pour protéger le plus efficacement possible les fruits et légumes frais. "Nous avons recours à bien d’autres techniques", reconnaît d’ailleurs Jacques Rouchaussé. Parmi eux ? "Les pièges à phéromones pour attirer les nuisibles, l’usage de substances naturelles (…), la rotation des cultures pour éviter l’accoutumance des semis et des plantations et permettre aux sols de se régénérer, et l’analyse régulière des sols pour ne pas les surcharger en éléments nutritifs".

Un panel de possibilités qui n’exclut pas, cependant, l’usage de substances chimiques. Luc Barbier, producteur de mirabelles, de cerises et de prunes en Lorraine , s’en explique d’ailleurs volontiers : "notre objectif premier est que l’arbre ne soit pas malade. Et quand il l’est, nous le soignons un peu comme nous le ferions avec un être humain, en essayant d’abord les méthodes douces, et en n’ayant recours à la chimie que si un traitement plus solide est nécessaire". Un procédé de dernière nécessité (ce sont les seuils d’alerte qui déclenchent les traitements), néanmoins parfaitement encadré, et toujours le plus possible soigneusement évité.

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