À la découverte du kiwi de l’Adour

© Julie Froucht

À la découverte du kiwi de l’Adour
Production, conditionnement et commercialisation

Préambule

Dans le monde
Au début du kiwiEnviron 2,2 millions de tonnes de kiwis sont produites chaque année dans le monde. Devant l’Italie et la Nouvelle-Zélande, gros producteurs et exportateurs de kiwis, la Chine occupe maintenant la 1ère place du podium avec 47 % de la production mondiale.
Les quelques 1 500 producteurs français récoltent chaque année entre 60 000 et 75 000 tonnes de kiwis, plaçant la France au 6è rang mondial des pays producteurs et au 3è rang européen, derrière l’Italie et la Grèce. Ensemble, ces trois pays représentent 78 % des volumes produits en Europe.

En France
Avec 700 millions de fruits produits chaque année, le kiwi est la 7è espèce de fruit produite en France, derrière les pommes, les poires, les melons, les pêches, les nectarines et les abricots.
65 % de la production est située dans le Sud-Ouest. Les régions productrices sont l’Aquitaine, le Midi-Pyrénées, la Corse, le Languedoc-Roussillon et le Rhône-Alpes.

Exportation2
Réputée pour la qualité de ses fruits, la France exporte 33 % de sa production en Europe, en Asie (Chine, Taïwan) et en Australie. La Belgique est le 1er pays destinataire des kiwis français (5 754 tonnes), suivi de l’Espagne (3 493 tonnes), de la Chine (3 484 tonnes), puis de l’Allemagne (2 992 tonnes) et de Taïwan (2 589 tonnes).

Consommation1
Le kiwi arrive au 10è rang des fruits les plus achetés en France, ce qui porte la consommation des Français à environ un milliard de kiwis chaque année, soit une consommation de 1,2 kg de kiwis par an et par personne 3.
On trouve le kiwi sur les étals de novembre à mai.
Le prix moyen du kiwi est situé entre 2,5 € et 3,2 € le kilo.

Il était une fois… le kiwi

François Lafitte , producteur et président de la SCAAP Kiwifruits de FranceContrairement aux idées reçues, le kiwi n’est pas originaire de Nouvelle-Zélande, mais des forêts montagneuses de Chine, où il pousse sur des lianes particulièrement robustes, du genre actinidia. Il y a des siècles, les Hans de la vallée du Yang-Tsé-Kiang appréciaient déjà le tonus de ce petit fruit vert. La liane dont il est issu était alors utilisée comme plante d’ornement et arbre fruitier.
Inconnu dans le reste du monde jusqu’au XVIIIe siècle, c’est en 1750 que le frère Jésuite français Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville, passionné de botanique, en ramène des plants en Europe. À la fin du XIXe, quelques pieds sont acclimatés dans les jardins botaniques européens.
Ce n’est qu’à partir des années 1960 qu’il est cultivé à grande échelle : d’abord en Nouvelle-Zélande, où il prend le nom de l’oiseau emblématique du pays, puis en Californie et dans le reste du monde (Italie, Grèce, Espagne, Japon, Corée du Sud, Chine, Australie, Chili, etc.). En France, il ne fait son apparition sur les marchés qu’à partir des années 1980 : difficile à croire tant le kiwi est devenu familier sur nos tables !

Un joli nom d’oiseau
En référence à ses origines, le kiwi fut d’abord nommé « groseille de Chine », sa saveur acidulée rappelant peut-être celle des groseilles à maquereaux. Son destin changea quand les Néo-Zélandais décidèrent d’exporter ce nouveau fruit vers l’Amérique du Nord et finirent par lui donner le nom de leur emblème national, le kiwi, un petit oiseau brun et duveteux… comme le fruit ! Ce nom court et gai, aux résonances légères et vitaminées, conquit le monde entier.
Aujourd’hui, le fruit est d’ailleurs plus connu que l’oiseau.

Des kiwis de toutes les couleurs
Le kiwi vert de la variété Hayward, du nom du pépiniériste Néo-Zélandais qui le sélectionna dans les années 1920, est le plus répandu dans le monde. Pourtant, en Chine, on trouve des kiwis jaunes, oranges et même rouges, à la peau lisse ou velue, dont les plus petits ont la taille d’un grain de raisin ! Aux quatre coins du globe, des organismes inspirés par cette diversité créent régulièrement de nouvelles variétés : des kiwis à chair jaune, des kiwis verts précoces comme le Summer (plus doux que son cousin Hayward) ou encore des petites baies à dévorer en une bouchée.

Une « success story » à la française

La production de kiwi français est reconnue pour sa qualité. Le Sud-Ouest de la France offre au kiwi des conditions propices à sa production : des sols riches et un climat océanique doux et humide permettent un développement optimal de la plante.

Le kiwi de l’Adour : un quart de la production nationale

François IDIART Kiwi de l'AdourAu pied des Pyrénées, situés dans les Landes et les départements limitrophes, les producteurs de l’Adour ont été les premiers, dans les années 1960, à implanter la culture du kiwi. Aujourd’hui, cette production est devenue le symbole économique de la région. Avec plus de 350 producteurs passionnés qui récoltent 1/4 de la production nationale, les Pays de l’Adour représentent le plus grand territoire kiwicole de France. Le bassin de production s’étend sur un rayon de 15 km autour de l’Adour, entre les Landes (650 ha) et les Pyrénées-Atlantiques (370 ha).

Les conditions optimales pour le développement de cette plante y sont réunies, à savoir :

  • des sols naturellement filtrants, profonds et riches en matière organique, à texture aérée, pas ou peu calcaires (sols alluvionnaires des vallées et des coteaux). La présence d’humus induit une richesse en oligoéléments et minéraux en quantité importante.
  • un climat océanique doux et humide qui permet d’obtenir une récolte tardive avec une maturité optimale :
    - absence d’hiver trop froid, mais qui permet cependant un bon repos végétatif ;
    - peu de gelées précoces et pas d’excès de chaleur en été ;
    - bonne hydrométrie et vent modéré suffisant pour permettre une bonne aération des vergers et réduire les risques de maladie ;
    - gels tardifs d’automne permettant de ramasser les fruits plus tard que dans toutes les autres régions d’Europe et garantissant une accumulation supérieure de matière sèche qui offre un goût différent et plus sucré.

Une production sous signes officiels de qualité

Le lien au terroir ainsi que la qualité du fruit ont permis à la filière de bénéficier de la double certification Label Rouge (1996) et IGP (2009).

Comment pousse le kiwiLe Label Rouge Kiwi de l’Adour représente le haut de gamme d’une production strictement encadrée ; c’est le seul kiwi ayant obtenu cette certification. Le Label Rouge authentifie sa qualité supérieure tant au plan gustatif qu’au niveau des conditions de culture et de commercialisation. Des contrôles internes et externes sévères de la parcelle à l’étal du magasin assurent une traçabilité totale et la garantie du respect du cahier des charges. Le nombre de fruits par arbre est limité pour un meilleur calibre et le critère d’exigence en taux de sucre est de minimum 6,7% Brix4 en moyenne sur 30 fruits pour un goût plus sucré. Chaque parcelle bénéficie d’un suivi technique avant et pendant la récolte et les producteurs respectent un cahier de culture commun pour une traçabilité des opérations sur le verger. Cette identité est reconnaissable par les distributeurs et les consommateurs grâce à un sticker Label Rouge apposé sur chaque fruit.

L’IGP Kiwi de l’Adour
L’Indication Géographique Protégée (IGP) est un signe officiel européen d’origine et de qualité qui permet de défendre l’origine géographique d’un produit alimentaire quand il tire une partie de sa spécificité de cette origine. Grâce à l’obtention de sa reconnaissance IGP, le kiwi de l’Adour lie sa qualité au terroir de la zone des Gaves et de l’Adour et du pays d’Orthe. Cette IGP vient confirmer que, cultivé selon un cahier des charges bien défini dans ce terroir particulier, le kiwi de l’Adour IGP est réellement un fruit exceptionnel !

Le kiwi, côté technique

La production

Pour implanter le kiwi et en assurer l’épanouissement, le choix de la parcelle est primordial : un sol fertile, humide et légèrement acide ainsi qu’un emplacement ensoleillé et à l’abri du vent sont requis.
L’actinidia est la liane sur laquelle poussent les kiwis : extrêmement vigoureuse, elle ne demande qu’à s’étendre. Rigueur et travail (800 heures /ha) sont donc nécessaires pour la maîtriser. Pour cela, les producteurs assurent un taillage régulier et recourent à un système de palissage sous forme de T-bars : tiges et branches de l’actinidia sont attachées à l’aide de liens sur une structure en forme de T, ce qui permet également d’en améliorer la qualité et le rendement.
Les apports en eau sont réalisés à des fins d’irrigation et de lutte contre le gel, car si l’actinidia est une liane vigoureuse pouvant supporter des températures négatives jusqu’à - 15 ° C, ses bourgeons résistent mal aux gels printaniers.
Avantage non négligeable : extrêmement robuste, l’actinidia ne craint pas les insectes ravageurs.
L’investissement dans une plantation de kiwi est important et le retour sur investissement non immédiat : pour la variété Hayward, les premiers fruits arrivent en 3è année de plantation ; les rendements maximum sont atteints à partir de la 7è année.

Le kiwi, côté technique

La récolte
Fruit climactérique, c’est-à-dire dont la maturation se poursuit après la récolte, le kiwi doit impérativement être cueilli avant sa maturité.
La récolte s’effectue manuellement en un seul passage et se déroule généralement sur trois semaines, un plant pouvant donner jusqu’à 1 000 kiwis !

Le conditionnement
Notre Président, M. Dupont, dans une chambre froideLes kiwis arrivent à la station de conditionnement dans des pallox en bois. Ils sont d’abord calibrés, triés, puis conservés lot par lot et verger par verger en chambres froides d’affinage. Un kiwi moyen pèse 90 à 100 g, calibre minimum requis par la certification Label Rouge. Certains peuvent atteindre 150 g. En dessous de 60 g, ils partent dans le circuit industriel pour être transformés en pulpe. Les kiwis mûrissant très vite, leur maturation est contrôlée en chambre froide d’affinage où ils restent un mois minimum. Ils sont ensuite brossés, conditionnés et acheminés à la demande vers les points de vente, ce qui permet d’assurer la présence du kiwi sur les étals une bonne partie de l’année et aux stations de lisser leurs ventes sur plusieurs mois. Il existe de nombreuses références d’emballage : caisses de 10 ou 60 kg, plateaux alvéoles de 3 kg (recouverts de feuillards évitant la déshydratation lorsqu’ils partent pour l’Asie), barquettes d’1 kg recouvertes d’un film plastique ou d’un filet, demi-barquettes de 500 g réservées aux petits fruits, barquettes de 6 à 8 fruits pour le bio, barquettes de 3 gros kiwis pour le Label Rouge, etc.

ZOOM SUR LE BABY KIWI À GRIGNOTER
Il est le fruit de l’Actinidia arguta, ou kiwi de Sibérie, une liane au feuillage caduc apparentée au kiwi. On considère d’ailleurs qu’il s’agit de l’ancêtre du kiwi. Originaire d’Extrême-Orient, l’Actinidia arguta est apparu en Asie orientale où il existe depuis la nuit des temps, précisément en Chine, au Japon, en Corée, à Taïwan et en Sibérie.
La liane grimpe à 6 m de haut, peut atteindre 15 m de long et produit entre 10 et 50 kg de fruits. Les baies poussent en grappe à l’issue d’une belle floraison blanche et très odorante et sont récoltées une par une, à la main.
De la taille d’un grain de raisin, le baby kiwi présente une peau verte, même à maturité.
Si l’Actinidia arguta existe depuis des millénaires, sa culture est longtemps restée sauvage ou le fait d’une production confidentielle, car la variété initiale était fragile et d’une tenue limitée.
Dans les années 90, un centre de recherche néozélandais s’est consacré à son amélioration : après 15 ans de travail, de nouvelles variétés obtenues par sélection naturelle ont été mises au point afin de conserver les attraits originels (gustatifs, nutritionnels, pratiques…) tout en obtenant des fruits de meilleure tenue et d’une plus longue conservation.
La saisonnalité de ce produit est courte : de septembre à octobre pour les fruits venant de France et de février à avril pour les fruits venant de l’hémisphère sud.


1 Source : http://www.franceagroalimentaire.com/agroalimentaire-francais/bon-appetit/fiche-technique-sur-le-kiwi-francais
2 Source : Douanes 2013/2014.
3 Source : Kantar Worldpanel.
4 L'échelle de Brix sert à mesurer la quantité de sucre contenue dans un produit. L'appareil utilisé pour la mesure est un réfractomètre.

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